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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 14:06

La-Cene.jpg

 

La Cène, Léonard De VINCI, entre 1494 et 1498, fresque de 4,60m de haut sur 8,80m de long, réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria dele Grazie (Milan, Italie)

La Cène (terme issu du latin cena : repas du soir) est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint, peu de temps avant son arrestation et la veille de sa Crucifixion. Depuis le Moyen Âge les murs des réfectoires des monastères sont illustrés de la Cène. Ainsi, durant leur repas, les moines avaient-ils sous les yeux l’image de celui que partagea leur Seigneur pour la dernière fois. De gauche à droite sont figurés Barthélemy, Jacques le Mineur, André, Judas, Pierre, Jean, Jésus, Thomas, Jacques le Majeur, Philippe, Matthieu, Thaddée et Simon.

 

La perspective employée par Léonard de Vinci (peintre italien né en 1452 et mort en 1519) pour représenter cette scène a trois fonctions. La première est de prolonger la salle réelle du réfectoire par différents trompe l'oeil reprenant son architecture : le plafond à caissons, les ouvertures à l'arrière plan et des murs latéraux recouverts de tapisseries et percés de portes. C'est là l’une des utilisations classiques de la perspective à cette époque : transformer le tableau ou la fresque en une véritable ouverture, comparable à une fenêtre.

La seconde est d'organiser la fresque : le Christ occupe une position centrale, par rapport aux apôtres qui sont repartis "symétriquement" par rapport à lui, en quatre groupes de trois. Ils sont cependant dissymétriques entre eux, afin de rendre la scène plus vivante. La fresque reste toutefois bien géométrique : Jésus se trouve au croisement des diagonales mais aussi des principales lignes de fuite (murs, plafond). De fait, il est le point de fuite de cette fresque, vers où toutes les formes représentées semblent se diriger. Si l'on trace alors la ligne d'horizon, on se rend compte que toutes les têtes des apôtres y trouvent place, approximativement à la même hauteur.

Cette organisation permet à Léonard d'utiliser la perspective comme symbolique à part entière. Alors que tous les personnages sont à la même hauteur que Jésus pour rappeler son caractère humain, son aura divine rayonne à travers les lignes de fuites qui vont à la fois vers lui mais aussi semblent partir de lui, illuminant la pièce et les esprits qui l'entourent (rappelant les théories de Léonard sur l’acoustique, « la propagation des ondes sonores qui atteignent et touchent » chacun des apôtres). C’est sa parole qui se propage, et avec elle la lumière des trois fenêtres situées derrière lui, laissant apercevoir le monde qu'a créé son père.

 

Léonard choisit d’illustrer la parole suivante : « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera », ainsi que les réactions qu’elle provoque auprès de chacun des apôtres. Léonard recommandait en effet de peindre les figures de telle sorte que le spectateur lise facilement leurs pensées au travers de leurs mouvements ; ce qu'il nommait les « mouvements de l’âme ». Saint Thomas sceptique tend ainsi l’index, saint Philippe se lève pour protester de son innocence, saint Barthélemy, indigné, appuie les mains sur la table, etc. Et Judas, inhabituellement placé parmi les autres apôtres et de face (la tradition voulait qu'il soit représenté de dos et à part), de tenir un couteau dans la main, contre la bourse contenant l'argent de la trahison.

 

La perspective n'est donc pas qu’une simple technique de dessin, codifiée et popularisée à la Renaissance italienne : elle permet de raconter et de guider le regardeur à travers la scène et ses symboles.

 

 

Fiche réalisée par M. Valery

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commentaires

s paz 17/08/2017 15:57

Si Leonardo pretendió ilustrar el anuncio de la traición, no habría en ello originalidad alguna. Tampoco si hubiera pretendido ilustrar diferentes reacciones a sus palabras (Goethe). Evidentemente ello no es así.
De amore commentarium in convivium platonis (Ficino), por ello en la última triade platónica aparecen dialogando Platón y Ficino, este último dirigiendo vehementemente su brazo a Cristo.