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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:41

 

 

 

RUSSIANS

Paroles : Sting Musique : Sergei Prokofiev

extrait de l’album The dream of the blue turtles 1985

In Europe and America there's a growing feeling of hysteria
Conditioned to respond to all the threats
In the rhetorical speeches of the Soviets
Mister Krushchev said, 'We will bury you'
I don't subscribe to this point of view
It'd be such an ignorant thing to do
If the Russians love their children too

How can I save my little boy
From Oppenheimer's deadly toy?
There is no monopoly on common sense
On either side of the political fence
We share the same biology
Regardless of ideology
Believe me when I say to you
I hope the Russians love their children too

There is no historical precedent to put
Words in the mouth of the president
There's no such thing as a winnable war
It's a lie we don't believe anymore
Mister Reagan says 'We will protect you'
I don't subscribe to this point of view
Believe me when I say to you
I hope the Russians love their children too
We share the same biology
Regardless of ideology
What might save us, me and you
Is if the Russians love their children too

 

Cette chanson, écrite en 1985, est un point de vue occidental de la fin de la guerre froide. Depuis l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir en mars 1985, les Occidentaux sentent que le bloc communiste marche vers sa fin. En effet, Gorbatchev est un réformateur qui a permis la mise en place la Perestroïka, le rapprochement Est-Ouest en URSS.

Lorsque la chanson sort, elle est déjà « historique » puisque les dirigeants dont il est question ont été remplacés.

Elle évoque cependant une période de crise : la crise des euromissiles (installation de missiles américains et soviétiques de chaque côté du rideau de fer).

Sting reprend un morceau de musique classique, mais choisit, pour plaider en faveur du rapprochement Est-Ouest, un morceau d’un compositeur russe, Prokofiev. Ce morceau, Le lieutenant Kijé, a été rédigé en 1933 pour un film de propagande communiste.

Cette chanson a été un gros succès en France, où le parti communiste a toujours été très puissant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et les critiques contre la guerre froide très développées.

NB : Oppenheimer est le physicien qui a inventé la bombe atomique.

 

 

Tentative de traduction de la chanson Russians de Sting.

 

En Europe et aux États-Unis, un sentiment d’hystérie grandit,

en réponse aux menaces exprimées dans les discours soviétiques.

Monsieur Krouchtchev a dit « Nous vous enterrerons »

mais je ne suis pas d’accord avec lui.

Ce serait une chose tellement stupide à faire

si les Russes aiment aussi leurs enfants.

 

Comment puis-je préserver mon petit garçon

du jouet mortel d’Oppenheimer ?

Aucun côté de la barrière politique ne détient le monopole du bon sens.

Nous avons tous les mêmes corps si on ne tient pas compte des idées

Croyez-moi lorsque je vous dis

que j’espère que les Russes aiment aussi leurs enfants

 

Pour reprendre les mots de notre président,

il n’existe aucun précédent historique (de cette situation).

Mais une guerre qu’on gagne, ça n’existe pas

c’est un mensonge auquel nous ne croyons plus.

Monsieur Reagan a dit « Nous vous protègerons ».

mais je ne suis pas d’accord avec lui.

Croyez-moi lorsque je vous dis

que j’espère que les Russes aiment aussi leurs enfants.

 

Nous avons tous les mêmes corps si on ne tient pas compte des idées

et ce qui pourrait nous sauver, moi et vous

c’est que les Russes eux aussi aiment leurs enfants.

 

 

La Java des bombes atomiques,

Boris Vian 1955

 

Mon oncle un fameux bricoleur
Faisait en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris
C'était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s'enfermait tout' la journée
Au fond d'son atelier
Pour fair' des expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en trans'
En nous racontant tout

Pour fabriquer une bombe " A "
Mes enfants croyez-moi
C'est vraiment de la tarte
La question du détonateur
S'résout en un quart d'heur'
C'est de cell's qu'on écarte
En c'qui concerne la bombe " H "
C'est pas beaucoup plus vach'
Mais un' chos' me tourmente
C'est qu'cell's de ma fabrication
N'ont qu'un rayon d'action
De trois mètres cinquante
Y a quéqu'chos' qui cloch' là-d'dans
J'y retourne immédiat'ment

Il a bossé pendant des jours
Tâchant avec amour
D'améliorer l'modèle
Quand il déjeunait avec nous
Il avalait d'un coup
Sa soupe au vermicelle
On voyait à son air féroce
Qu'il tombait sur un os
Mais on n'osait rien dire
Et pis un soir pendant l'repas
V'là tonton qui soupir'
Et qui s'écrie comm' ça

A mesur' que je deviens vieux
Je m'en aperçois mieux
J'ai le cerveau qui flanche
Soyons sérieux disons le mot
C'est même plus un cerveau
C'est comm' de la sauce blanche
Voilà des mois et des années
Que j'essaye d'augmenter
La portée de ma bombe
Et je n'me suis pas rendu compt'
Que la seul' chos' qui compt'
C'est l'endroit où s'qu'ell' tombe
Y a quéqu'chose qui cloch' là-d'dans,
J'y retourne immédiat'ment

Sachant proche le résultat
Tous les grands chefs d'Etat
Lui ont rendu visite
Il les reçut et s'excusa
De ce que sa cagna
Etait aussi petite
Mais sitôt qu'ils sont tous entrés
Il les a enfermés
En disant soyez sages
Et, quand la bombe a explosé
De tous ces personnages
Il n'en est rien resté

Tonton devant ce résultat
Ne se dégonfla pas
Et joua les andouilles
Au Tribunal on l'a traîné
Et devant les jurés
Le voilà qui bafouille
Messieurs c'est un hasard affreux
Mais je jur' devant Dieu
En mon âme et conscience
Qu'en détruisant tous ces tordus
Je suis bien convaincu
D'avoir servi la France
On était dans l'embarras
Alors on l'condamna
Et puis on l'amnistia
Et l'pays reconnaissant
L'élu immédiat'ment
Chef du gouvernement

 

 

 

  Cette chanson écrite en 1955 illustre tout à fait le contexte de peur de la guerre atomique qui régnait en Europe au milieu des années 1950.

En 1950, le mouvement pour la paix, à l'initiative de Pierre Joliot-Curie (physicien atomiste français) lance une pétition pour l'interdiction de l'arme nucléaire, signée par 150 millions de personnes dans le monde dont 3 millions en France. C'est l'Appel de Stockholm. Cependant certaines personnes pensent que cet appel est créé par les communistes qui sont en retard sur les Etats-Unis et il est donc très critiqué.

C'est dans ce contexte que Boris Vian écrit La java des bombes atomiques. La musique et le ton adopté, joyeux et amusants, tranchent avec le message de la chanson publiée dans Le Canard Enchaîné. Après Le Déserteur, Boris Vian, en reprenant le thème du savant fou, fait une nouvelle fois l'apologie de l'anarchisme et dénonce l'incurie des dirigeants. En effet, à la fin de la chanson, tous les chefs d'Etat sont tués volontairement dans un attentat et on amnistie l'auteur des faits. On le fait même premier ministre pour le remercier d'avoir supprimé les chefs d'Etat!

 

Ainsi, Sting et Boris Vian, sur un thème similaire, la peur de la guerre nucléaire lors de la guerre froide présentent deux visions différentes. La chanson de Sting se veut grave, et la solution apportée au conflit est profondément humaniste : "what might save us, me and you is if the Russians love their children too". La chanson de Boris Vian, au contraire, se veut amusante. Cependant la solution apportée au conflit n'est pas moins grave puisqu'elle est profondément anarchiste!

 

 


 

 

Fiche réalisée par Mme Veyrières

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