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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:45

 

http://idata.over-blog.com/1/29/09/78/Histoire-de-l-art/3emes/Duane-Hanson--Supermarket-Shopper--1970.jpg

 

« SUPERMARKET LADY » ou « SUPERMARKETSHOPPER »

 

Auteur

Duane HANSON (1925-1996)

 

Né aux Etats-Unis (Minnesota) dans une famille de fermiers, il étudie les beaux-arts aux Etats-Unis puis en Europe et devient célèbre dans les années 1960 par ses nombreuses sculptures hyperréalistes réalisées à partir de moulages qui mettent en scène des américains dans leur vie quotidienne. Il participe à une exposition d’art contemporain en Allemagne en 1972 (la Dokumenta 5) où il obtient une reconnaissance internationale.

Genre

Dimension

Lieu de conservation

Sculpture

70 x 70 x 166 cm

Ludwig forum, Aix-la-Chapelle. 

Courant artistique

Hyperréalisme. L’hyperréalisme est aussi nommé en anglais photorealism ou superrealism. C’est un mouvement artistique qui apparaît aux Etats-Unis au milieu des années 1960. Ce courant artistique qui touche aussi bien la

peinture que la sculpture s’appuie sur la photographie pour observer le réel, voire le copier et le représenter le plus fidèlement possible.

Date

1969

Contexte

Les Etats-Unis comme l’Europe connaissent un rapide développement économique et des bouleversements dans la société : ce sont les « Trente glorieuses ».

 

C’est une période de hausse continue du pouvoir d’achat des populations et de consommation de masse (apparition des supermarchés et des centres commerciaux, standardisation des produits par l’industrie manufacturière et agro-alimentaire).

 

C’est une ère d’abondance et de prospérité, en particulier pour les classes moyennes. Les modes de vie sont transformés : amélioration du confort dans la vie quotidienne (électroménager, ameublement moderne), généralisation de l’automobile, place de plus en plus centrale de la télévision.

Eléments constitutifs de l’œuvre

Formes

Le personnage représenté est une femme plutôt bien enrobée, chaussée de pantoufles d’intérieur vêtue d’une jupe bleue et d’un haut rose

(couleurs et formes banales), collier de petites fleurs jaunes autour du cou (kitch), montre et bracelet dorés au poignet gauche et sac à main de skaï noir au bras droit. On voit une cigarette au coin des lèvres (la cigarette est un produit de consommation de masse comme un autre à cette époque). Un fichu (sorte de foulard) recouvre des bigoudis roses fixés dans les cheveux et ses collants sont effilés.

 

Le caddie déborde de nombreux produits de consommation courante : papier toilettes, pain, croquettes pour chien, produits ménagers, Coca-Cola, jus de fruits, café, œufs, poulet, dinde, jambon, biscuits au chocolat, pâtes, raviolis, haricots, etc.

 

Tous les produits sont conditionnés selon les standards de l’industrie agro-alimentaire (boîtes en carton, emballages en plastique, boîtes

de conserve). Aucun produit frais (fruits, légumes…) n’est visible.

 

Techniques de production

La femme a été sculptée en moulant le corps d’un modèle avec des bandes de silicone, puis en coulant de la résine de polyester dans le moule et en renforçant ce moulage avec de la fibre de verre. C’est donc une sculpture grandeur nature. La femme a ensuite été minutieusement peinte, habillée et dotée d’accessoires réels, parmi lesquels le caddie en métal. Tous les objets sont « vrais ».

Impression

La femme est un symbole d’opulence alimentaire par ses formes. Elle signifie à la fois le confort et la mollesse avec ses pantoufles. L’apparence est négligée liée surement au supermarché où les foules sont importantes  qui est différent de l’épicerie où tout le monde se connaît.

L’ensemble (apparence, vêtements, accessoires) donne au personnage une image disgracieuse, de mauvais goût, voire vulgaire. On peut penser que

cette femme est âgée d’une bonne quarantaine d’années et fait partie d’une catégorie sociale plutôt modeste.

L’ensemble symbolise l’abondance de la société de consommation.

  

Buts/Significations

On dresse un portrait peu flatteur de la ménagère occidentale moyenne de la fin des années 1960. Ce personnage fait partie du quotidien de l’époque. Dans cette scène, c’est la médiocrité de l’« American way

of life » et plus généralement de la société de consommation occidentale qui est soulignée, dressant face à chacun de nous un miroir.

Le consommateur apparaît comme un drogué ou un zombie errant dans les rayons d’un supermarché, seul.

La consommation de masse, qui se traduit par l’achat par tout le monde des mêmes choses au même endroit (et souvent au même moment : fin d’après-midi, week-end), nous prive de notre liberté (alors même que nous croyons nous émanciper en accumulant des biens grâce à notre « pouvoir » d’achat) et de notre personnalité (nous sommes standardisés, à l’image des produits que nous achetons). Cette femme, par sa médiocrité, son désespoir et sa solitude, suscite à la fois des sentiments de répulsion, de pitié et de compassion.

     

 

 

 

Fiche réalisée par Mme Vona et M. Kheloufi

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