Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 20:01

Les bugs sur certains articles (images et vidéos insérées) sont résolus.

L'épreuve aura lieu le 23 mai.

Il n'y aura PAS DE TEMPS DE PREPARATION.

Si vous présentez un extrait de film ou une oeuvre qui n'est pas sur le blog, n'oubliez pas de l'apporter sur une clé USB. Si vous ne l'avez pas vous serez lourdement pénalisé.

 

Bon courage pour la préparation.

 

Les professeurs

Published by Profs
commenter cet article
2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 06:47

friedrich

Le tableau représente une mer gelée. Les blocs de glaces qui la composent font saillie vers le ciel, tout en présentant un aspect tranchant. La poupe d'un navire en bois pris dans cette mer de glace est visible. Il s'agit du HMS Griper, l'un des deux navires menés par William Edward Parry en 1819–1820 dans une expédition dans l'Arctique à la recherche du passage du Nord-Ouest qui inspira Friedrich.

Le tableau témoigne de l'ambiguïté de la peinture de Friedrich oscillant entre paysage et histoire. Cependant, l'histoire est bien ici prétexte à la représentation d'un paysage saisissant ; le motif relègue ainsi au second plan le sujet, illustrant les recherches de Friedrich sur la prédominance du paysage.

Caspar David Friedrich n'est jamais allé dans l'Arctique mais il a souvent pu observer l'Elbe gelé. Il a recomposé cette scène sur la base de croquis des blocs isolés de glace. Hormis le navire de Parry, le peintre a probablement puisé son inspiration — même inconsciemment — dans la mort par noyade de son frère lors d'une partie de patinage, noyade dont il fut lui même sauvé par son frère lorsqu'il avait treize ans dans un accident similaire. Cette œuvre est donc, malgré son caractère réaliste, imaginaire.

Globalement, le travail sur cette toile fut jugé à l'époque trop radical dans sa composition, et incompris, le tableau resta invendu jusqu'après la mort de Friedrich en 1840. C’est une de ses toiles les plus connues. 

Published by Profs - dans Allemand 2014
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 12:17

Whaam!

Roy Lichtenstein (1923-1997)

Étudiant en art à l’Université d’État de l'Ohio, Roy Lichtenstein interrompt ses études pour servir son pays durant la Seconde Guerre Mondiale. De retour aux États-Unis, Roy Lichtenstein exerce plusieurs métiers tels que professeur ou dessinateur. Sa carrière d'artiste décolle dans les années 1960, alors qu'il enseigne à l'université,  grâce à des œuvres basées sur des personnages de dessins animés et des techniques de l'imprimerie commerciale . Il devient alors l'une des figures emblématique du Pop Art américain.

 

Le Pop Art

Né dans les années 1950 Royaume Uni, le Pop Art s'est ensuite exporté et développé aux États-Unis dans les années 1960, pour y devenir un mouvement artistique majeur. Le mouvement est intimement lié au regain économique et à la société de consommation de l'époque. En effet, les artistes s'inspirent de la publicité, de bandes dessinées, d'objets de tous les jours fabriqués en série, en bref, de la culture populaire – d'où son nom.

Une analyse possible de l’œuvre

Ce double tableau s'inspire de All American Men of War, série de bandes dessinées publiée par DC Comics. Le tableau reprend  les codes de la bande dessinée tels que les bulles, les cadres, les onomatopées, etc. Un avion américain est représenté abattant un autre avion.
Cette scène violente et chargée en émotions – n'oublions pas la date de publication et le traumatisme de la guerre  – est ainsi représentée par Lichtenstein par une technique moins solennelle qu'est la bande dessinée et l'utilisation de couleurs vives et expressives grâce à la peinture acrylique (matériau innovant créé après la Seconde Guerre Mondiale).

Le décalage entre le fond et la forme permet au public une grande liberté d'analyse et d'interprétation de l’œuvre, ce qui était l'objectif de l'artiste.

Ressources pour approfondir vos connaissances

http://www.lichtensteinfoundation.org/

http://www.le-pop-art.com/roy-lichtenstein.html

 

Fiche réalisée par Mme Séry

Published by Profs - dans 3e Anglais 2014
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 12:05

Green Coca Bottles, Andy Warhol, 1962

sérigraphie sur toile, 209,2 x144,8 cm, Whitney Museum of American Art, New York

 

 

 

Green-coca.jpg

 

Andy Warhol (1928-1987) 

Andy Warhol, artiste américain polyvalent, est considéré comme un pionnier du Pop Art. Né aux États-Unis de parents d'origines slovaques, Warhol débute sa carrière en tant qu'artiste commercial  ou encore illustrateur pour de célèbres magazines tels que Vogue. Son œuvre surprenante par sa forme et sa portée fera rapidement de lui la figure emblématique du mouvement Pop Art aux États-Unis.

 

Le Pop Art

Né dans les années 1950 Royaume Uni, le Pop Art s'est ensuite exporté et développé aux États-Unis dans les années 1960, pour y devenir un mouvement artistique majeur. Le mouvement est intimement lié au regain économique et à la société de consommation de l'époque. En effet, les artistes s'inspirent de la publicité, de bandes dessinées, d'objets de tous les jours fabriqués en série, en bref, de la culture populaire – d'où son nom.

 

Une interprétation possible de l’œuvre

L'alignement de bouteilles similaires et pourtant différentes les unes des autres offre au public une sentiment de profusion. Dans un de ses ouvrages[1], Andy Warhol explique que tout le monde peut s'offrir une bouteille de Coca-Cola, que ce soit le simple sans-abris ou le président. Il place ainsi l'objet au sein de la société comme un symbole d'égalité et une exception à la hiérarchie sociale.

 

Ressources pour approfondir vos connaissances

http://www.warhol.org/

http://mykidsart.com.au/Andy_Warhol_Famous_Artists_My_Kids_Art.html

http://www.le-pop-art.com/andy-warhol-pop-art.html

 



[1]Warhol, Andy. (1975). The Philosophy of Andy Warhol. New York: Harcourt Brace Jovanovic.

 

 

 

Fiche réalisée par Mme Séry

Published by Profs - dans 3e Anglais 2014
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:59

Soupes-campbell.jpg

 

Andy Wahrol, Campbell’s Soup Cans, 1962

 

 

Titre : « CAMPBELL’S SOUP CANS »    ou  « 32 boîtes de soupes CAMBELL »

Artiste : Andy Warhol :(1928-1987) de son vrai nom Andrew Warhola.

Date : 1962 

Lieu de création et d’exposition initiale :Galerie Férus à los Angeles

Lieu d’exposition actuelle: M.O.M.A (musée d’art moderne de new York).

Technique : Acrylique  peinte / Sérigraphie.( technique industrielle qui consiste à reporter mécaniquement une image sur une toile en retenant  ses traits essentiels. Très utilisée dans la publicité)

 

Biographie d’Andy Warhol

Après avoir fait des études   artistiques, cet américain devient publiciste et travaille pour des magazines de mode comme « Vogue ».En 1952, il organise sa première exposition à Nex-York.il réalise en 1960, des tableaux inspirés des « comics » (bandes dessinées).Il est un des initiateurs du mouvement « Pop art ».

 

  Pop Art : Mouvement artistique apparu à la fin des années 50 aux Etats-Unis, dont le chef de file est Andy Warhol. le Pop Art est caractérisé par des thèmes et des techniques tirés de la culture de masse populaire, tels que la publicité, les bandes dessinées et les objets culturels mondains.

 

Quelques citations célèbres d’Andy Warhol

« Si je peins de cette façon, c’est parce que je veux être une machine, et le pense que tout ce que je fais comme une machine correspond à ce que je veux faire. »

«  Les artistes pop faisaient des images que tous les passants Broadway pouvaient reconnaitre en un quart de seconde : des bandes dessinées, des tables de pique-nique, des pantalons, des personnages célèbres, des rideaux de douche, des réfrigérateurs, des bouteilles de coca. »

Warhol mangeait des soupes à presque tous ses repas, il déclare : « J’avais l’habitude d’en manger, j’ai mangé le même repas tous les jours pendant vingt ans ? »

 

 Un Contexte économique et social particulier

Ce tableau intervient dans un contexte social particulier, les années soixante sont les années prospères des Etats-Unis et en Europe occidentale: période de croissance économique( Les Trente Glorieuses, 1945-1975)

Les gens sont heureux et consomment ! On voit se démocratiser la grand distribution : développement de la société de consommation ( =société riche et développée qui fournit en masse des produits de consommation standardisés par la publicité. Les consommateurs sont incités à acheter plus que ce qui est nécessaire).

C’est l’ère de la consommation de masse :  une grande partie la population accède et consomme des biens et des produits en grande quantité.

 

I/ Présentation de l’œuvre

1)                 Présenter l’œuvre (artiste ,date, lieu de conservation, dimensions..)

2)                 Dans quel contexte économique et social a-t-elle été réalisée ?

II/ Analyse de l’œuvre

3)                 De combien de toiles cette œuvre est-elle constituée ?

4)                 Quel objet de  Warhol a-t-il choisi de représenter ?  Décrivez le

5)                 Décrivez les formes et les couleurs

6)                 Décrivez la composition de l’œuvre :   Qu’a  fait l’artiste avec l’objet ? Quelle technique utilise-t-il ?

 

III/ Interprétation de l’œuvre

7)                 A quoi se compare Andy Warhol lorsqu’il réalise des œuvres artistiques ?

8)                 Pourquoi l’artiste a –t-il choisi de représenter cet objet ?

9)                 Quelle image Warhol donne –t-il de la société de consommation ? A votre avis, est-ce une critique ou au contraire une admiration ?

CORRIGE

I/ Présentation de l’œuvre

1)                  Campbell’s Soup Cans est une peinture à l’acrylique de 50,8 par 40,6 cm, exposée au musée d’art moderne de New York et réalisée par sérigraphie en 1962.Cette œuvre fut réalisée par Andy Warhol, un peintre américain.

2)                  Cette œuvre a été réalisée durant les Trente Glorieuses (1945-1975) marquées par l l'apparition de nouveaux biens de consommation (voiture, électroménager,télévision...) et donc l'essor de la société de consommation et de loisirs.

 

II/ Analyse de l'oeuvre

3)                  Cette œuvre est composée de 32 toiles

4)                  Il s'agit d'une reproduction de 32 boites de soupe.

Au centre de la toile, une boite  de conserve de soupe américaine avec son emballage est reproduite  de face en gros plan, elle occupe tout l’espace, seule une petite partie métallique est visible en haut en bas. Légèrement vue de dessus, on peut apercevoir le couvercle. L’écriture Cambell ‘s blanche se détache sur un fond rouge, tandis que la partie basse indique le mot soupe et sa caractéristique : Chicken Noodle, Beff, ognon, tomato….au centre de chaque boite se détache un cercle jaune.

 

5)                  Les couleurs : Elles sont vives/l’impact visuel très fort comme dans la publicité. (contraste du rouge et du blanc)

 

6)                   La Composition/l’organisation : c’est une  œuvre en série 

 Par le jeu de l’accumulation et de la répétition du même motif, il crée un rythme ordonné.

Warhol s'inspire d'une technique industrielle : la sérigraphie.(Il ne faut pas l’oublier, première métier de l’artiste, illustrateur dans la publicité).

 

 

 

III/ Interprétation de l’œuvre

 

7)                  Andy Warhol s'inspire des « comics » américains et de la publicité pour réaliser ses œuvres. Il utilise des biens courants de consommation car il est persuadé que l'art est à la portée de tous, dans le quotidien, d'où le nom du courant artistique «  Pop art ».Il se compare à une machine, ce qui renvoie à la production en série ou masse dans l'industrie.

 

8) Andy Warhol a choisi de représenter un objet banal, ordinaire, alimentaire du quotidien que chaque américain pouvait trouver dans Les supermarchés et consomme tous les jours. (C’est le cas de l’artiste).

   -c’est un objet symbolique de la société de l’époque  «  même le   président boit du COCA comme le simple clochard »

   Warhol a aussi représenté d’autres objets : la bouteille de coca/les billets dollars/chaises  électrique

   -c’est désormais un objet d’art. Un objet ordinaire devient sujet artistique

 

9)                  Difficile de répondre !

 

Du point de vue du spectateur,  on pourrait penser qu'Andy Warhol a  voulu faire une critique de la société de consommation, via les techniques utilisées ( sérigraphie, représentation d'un objet très banal). On  pourrait donc y voir une critique de la société qui produit en masse des biens et qui incite à les consommer !

 

Si on se place maintenant du côté de l'artiste, rappelons qu'il a une formation de publiciste et qu'il a en fait une vision plutôt positive de la culture ordinaire.

 

 

Fiche réalisée par Mme Potempa

2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:42

Affiche Dr Folamour

Ø  QUESTIONNAIRE

I /Identifier et situer l’œuvre

1)      Quelle est la nature du document 3.

2)      Qui est le réalisateur ?

3)      En quelle année le film sort-il ? Après quelle grave crise de la guerre froide ?

 

II/ Décrire et expliquer le sens de l’œuvre

4)      Sur l’affiche, repérez les éléments qui rappellent la guerre froide et expliquez ce qu’ils représentent

 

-          La sphère ?                                          -   les deux personnages en bas de l’affiche ?

-          Les deux drapeaux ?                          - le téléphone rouge ?

 

5)      Que nous apprend la phrase écrite sous le titre ? et sur le ton adopter par le réalisateur ?

« Ou comment  j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe ! »

 

III/ Interpréter l’œuvre

 

6)      Que dénonce Kubrick dans son film ? Comment le film est-il accueilli à sa sortie ?

7)      Pourquoi le réalisateur a-t-il choisi de faire un film satirique/humoristique sur un sujet aussi sérieux, alors quel les Américains vivent dans la crainte d’une guerre nucléaire ?

 

CORRIGE

I /Identifier et situer l’œuvre

1) Ce document est une affiche de film «  docteur Folamour » qui date de 1964

2) Le Réalisateur est Stanley Kubrick

3) Ce film sort deux ans après la grave crise de Cuba, paroxysme des tensions entre les 2 blocs.

 

II/ Décrire et expliquer le sens de l’œuvre

4)            Sur l’affiche, repérez les éléments qui rappellent la guerre froide et expliquez ce qu’ils représentent

-              La sphère : représente la planète

   -   les deux personnages en bas de l’affiche : les deux dirigeants, le président américain et le chef de l’URSS

-              Les deux drapeaux : les drapeaux des deux superpuissances : Etats-Unis &URSS             

   - le téléphone rouge : ligne de communication directe entre le bureau du président américain à Washington  et celui  du dirigeant soviétique à Moscou, au Kremlin.

 

5) « Ou comment  j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe ! »

Le  ton adopté par le réalisateur est un ton humoristique.

 

III/ Interpréter l’œuvre

 

6) A travers ce film, Kubrick dénonce le fanatisme des idéologies et la course aux nouvelles technologies toutes puissantes que les hommes ont du mal à maitriser. Le film fut très critiqué à sa sortie car il donne une image peu flatteuse du président américain et de la gestion de la menace nucléaire évoquée dans le film. Kubrick fut d’ailleurs accusé d’être « pro- soviétique »  , car il met les deux blocs sur le même plan dans son film.

7) Le réalisateur ra voulu faire rire autour d’un thème très sérieux qui angoisse les américains. L’humour peut détendre et dédramatiser.

 

 

Fiche réalisée par Mme Potempa

17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 18:21

http://cyberpoete.free.fr/blog/images/RousseauGuerre.jpg

 

 

La Guerre ou la chevauchée de la discorde, Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau, (1894)

Huile sur toile, 1,14 x 1,95 m, Musée d’Orsay, Paris.

 

Description du tableau

                Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, a participé à la guerre contre la Prusse de 1870. Profondément marqué par cette expérience, il représente la guerre sous la forme d’une femme habillée de blanc, tenant une torche fumante d’une main et une épée de l’autre, qui descend d’un cheval noir monstrueux. À ses pieds se trouvent des cadavres, pour certains démembrés, sur lesquels des corbeaux viennent se nourrir.

Le paysage est dévasté : les arbres sont morts, le sol est nu, les nuages ont une couleur rouge qui rappelle le sang.

 

Propositions d’interprétation

                La figure féminine au centre du tableau évoque la déesse romaine Bellone, divinité de la guerre : c’est une allégorie. On notera son sourire effrayant et sa course qui sème la mort et la destruction. Le cheval noir qui se trouve derrière elle est déformé, monstrueux : il rappelle les cavaliers de l’Apocalypse, qui répandent les désastres sur la terre.

                La structure du tableau met en valeur ces deux entités : ils sont encadrés par les figures horizontales que constituent les cadavres et les nuages, et par les formes verticales des arbres.

                Comme dans le poème de Tardieu, la représentation de la destruction se fait aussi par l’absence : ici l’absence de couleur. Le noir (le cheval, les arbres et le sol), le blanc (la robe de la déesse et les cadavres) et le rouge (nuages) dominent, rappelant la mort et le sang, alors que le vert, couleur de l’espoir, n’apparaît pas.

 

                Ce tableau que l’on associe à l’art naïf (simplification, absence de perspective) permet, grâce à stylisation même, de représenter l’irreprésentable, la destruction de toute vie.

 

Fiche réalisée par Mme Gourdé

 

 

 

 

« Oradour », Jean Tardieu, Les Dieux étouffés (1944)

 

 

Oradour n’a plus de femmes

Oradour n’a plus un homme

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a pas plus de pierres

Oradour n’a plus d’église

Oradour n’a plus d’enfants.

 

plus de fumée plus de rires

plus de toits plus de greniers

plus de meules plus d’amour

plus de vin plus de chansons.

 

Oradour j’ai peur d’entendre

Oradour je n’ose pas

approcher de tes blessures

de ton sang de tes ruines,  

je ne peux, je ne peux pas

voir ni entendre ton nom

 

Oradour je crie et hurle

chaque fois qu’un cœur éclate

sous les coups des assassins

une tête épouvantée

deux yeux larges deux yeux rouges

deux yeux graves deux yeux grands

comme la nuit la folie

deux yeux de petit enfant :

ils ne me quitteront pas.

Oradour je n’ose plus

Lire ou prononcer ton nom

 

 

Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos cœurs ne s’apaiseront

que par la pire vengeance

haine et honte pour toujours.

 

Oradour n’a plus de forme

Oradour femmes ni hommes

Oradour n’a plus d’enfants

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus d’église

plus de fumées plus de filles

plus de soir ni de matins

plus de pleurs ni de chansons.

 

Oradour n’est plus qu’un cri

et c’est la bien la pire offense

au village qui vivait

et c’est bien la pire honte

que de n’être plus qu’un cri

nom de la honte des hommes

le nom de notre vengeance

qu’à travers toutes nos terres

on écoute en frissonnant

une bouche sans personne,

qui hurle pour tous les temps.

 

 

Oradour-sur-Glane est une commune du Limousin. Le 10 juin 1944, les nazis, par mesure de représailles, y massacrèrent 643 personnes dont 500 femmes et enfants. Ceux-ci périrent enfermés dans l’église à laquelle les nazis avaient mis le feu.

                Le poème « Oradour » a été écrit en 1944 par Jean Tardieu, qui participa aux publications clandestines de la Résistance.

 

La structure du poème

Le poème est composé de plusieurs strophes irrégulières, rassemblant des vers isométriques (de même longueur) non rimés.

 

Les choix d’écriture

                Pour représenter la destruction, le poète a choisi de multiplier les négations pour décrire le village : il énumère tout ce qui a disparu, les êtres humains, les bâtiments, les signes de vie… mais en les niant.

                Il utilise les répétitions, notamment l’anaphore (répétition en début de vers) du nom Oradour : pour lutter contre la destruction et l’oubli, ce nom est martelé tout au long du poème. D’ailleurs le village est réduit à l’état de « cri » : il est devenu le symbole de la « honte », de la barbarie de la guerre qui l’a rayé de la carte.

                Le poète fait partager ses émotions aux lecteurs : devant l’horreur que représente Oradour,  il ressent de l’effroi car il est incapable d’en parler ou de l’imaginer (voir strophes 3 et 4, le cauchemar à la strophe 4). En réaction, le poème se conclut sur des appels à la vengeance : Tardieu se place dans la lignée des poètes de la Résistance. Son texte est cri de révolte face au désastre.

 

                Le poème est un moyen de lutter contre l’oubli, en rappelant sans cesse aux lecteurs le nom d’Oradour et ce que ce village n’est plus.

 

Fiche réalisée par Mme Gourdé

 

 

Published by Profs - dans 3e Lettres 2014
commenter cet article
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 14:03

Œuvrer pour résister : De l’écriture à l’œuvre

Liberté

 

De Paul Eluard  (1895-1952) à  Jean Lurçat (1892 à 1966)

 

Liberté (extrait)

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

 

 

 

Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942

 

 

Pendant la guerre, engagé dans la Résistance, Paul Eluard participe au grand mouvement qui entraîne la poésie française, et le poème Liberté ouvre le recueil Poésie et Vérité paru en 1942.
Les textes qui forment ce recueil sont tous des poèmes de lutte. Ils doivent entrer dans la mémoire des combattants et soutenir l'espérance de la victoire : comme on le faisait pour les armes et les munitions, le poème Liberté à été, à l'époque, parachuté dans les maquis.

 

 

 

 

 

Ce poème  de Paul Eluard est un hymne à la liberté. Il était destiné à être entendu par les résistants.

Le poète  décrit la situation du peuple pendant la guerre (armes des guerriers), la mort, l'obscurité, la destruction, l'emprisonnement (sang- cendre- nuit-ombres -chiffon- détruits- écroulées-ennui- moisi- démente (folie des hommes)- murs de mon ennui-orage, pluie)

En décrivant tout ce sur quoi il faut écrire le mot liberté, le poète décrit ce qui est privé de liberté : pas de liberté d'enseigner, censure (pages lues, pages blanches, silence), souffrance physique et mort des hommes, pas de liberté de circulation, privation matérielle et morale (solitude nue).

MAIS  Paul Eluard envoie aussi un message d’espoir aux combattants.

 

Il existe une progression chronologique dans le texte: il part de l'enfance (école; livres d'images, monde des contes: roi, guerriers)- puis l'enfance apparaît comme un souvenir, signe qu'il a vieilli (l'écho de mon enfance) puis  de l’adolescence , le temps de l'amour (saisons fiancées) pas forcément heureux (l'absence sans désirs, la solitude) enfin la vieillesse (difficultés de santé- marches de la mort):

 

c'est tout au long d'une existence qu'il faut lutter pour la liberté. 

 

 

 

Structure du poème :

Ce poème est composé de vingt strophes. Ces quatrains se compose de trois heptasyllabes (7) et d’un tétrasyllabe (5).

Chaque strophe se termine par un « refrain ».

Le dernier vers sonne comme un écho au titre.

 

 

 

 

Les figures de style du poème :

Le poème est principalement rythmé par l’anaphore de la préposition « sur » présente dans chaque strophe (exceptée la dernière).

Paul Eluard se sert aussi de la personnification (les saisons fiancées, la montagne démente, les sueurs de l’orage) ; d’assonances ( )et d’ allitérations ()

 

 

Liberte-Jean-Lurcat.png

 

Liberté, Jean Lurçat (1943) Tapisserie (basse lice), chaîne coton, trame laine

2,83 x 3,64 m  / Collection du musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine        

 

 

 

L’œuvre :

 

Sur un fond ocre jaune se détachent, au centre, deux astres passant l'un devant l'autre telle une éclipse. Dans les quatre coins de la tapisserie, on peut lire des extraits du poème de Paul Eluard, Liberté. Les derniers mots du poème viennent s'inscrire dans le soleil : … Pour te connaître / … Pour te nommer / Liberté

Dans le soleil découpé en quatre parties : on distingue en bas à gauche, sur fond noir, un serpent et la tige d'une plante fleurie qui s'épanouit en haut à gauche sur un fond clair ; en haut à droite, sur un fond noir, se détachent des visages alignés et, en bas, sur un fond blanc, s'inscrit le mot "Liberté".

Un coq est au-dessus du soleil, installé sur un trophée de cornes de taureau ; il porte les trois couleurs - bleu, blanc et rouge - du drapeau français.

Sur le fond de la tapisserie, il y a des nuages clairs et sombres, des étoiles et des extraits du poème.

 

Etude de l’œuvre :

 

La tapisserie est composée et tissée en 1943, clandestinement dans les ateliers d'Aubusson.

On retrouve dans cette œuvre un certain nombre de thèmes chers à Jean Lurçat auxquels il donne une résonance particulière dans ce contexte de la Résistance.

Le soleil rayonnant de flammes rouges apparaît comme symbole de la vie et de l'espoir. En contraste, la guerre est  représentée par l'astre sombre placé derrière le soleil. Cette ombre contient des crânes éparpillés, image de destruction et de mort. Le serpent rappelle son symbole tiré de la Bible, le mal contre lequel on doit lutter. Les visages alignés dans la lumière représentent la vie, la lutte armée de la Résistance.

Le coq placé au-dessus du soleil représente, quant à lui, le symbole de la France. Il est peut être ici une évocation de la victoire, un symbole triomphant de la résistance à l'ennemi.

 

Cette œuvre est peut-être l’évocation de la victoire, un symbole triomphant de la résistance (soleil) sur l’ennemi (astre sombre, lune).

 

 

Fiche réalisée par Mme Sylla

Published by Profs - dans 3e Lettres 2014
commenter cet article
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:56

 

Massacre-en-Coree.jpg

 

MASSACRE EN COREE

 

Auteur

Picasso (1881- 1973).

 

Symbole du XXème siècle, immense artiste, Pablo Picasso est à la fois peintre, sculpteur, graveur et céramiste. Venu en France au début du siècle, il deviendra le chef de file du mouvement cubiste avec son ami Georges Braque. Doté d'une exceptionnelle soif de créativité, il touche à tous les courants picturaux du XXème siècle, surréalisme, expressionnisme ou néo-classicisme, pour devenir un des maîtres incontestés de l'art moderne.

Genre

Dimension

Lieu de conservation

Peinture à l’huile

110 x 120 cm

Musée Pablo Picasso, Paris

Courant artistique

Reprise du tableau de Goya, Tres de Mayo

Picasso étant d’origine espagnole, il est normal qu’il s’inspire d’un tableau phare de l’histoire espagnole et de la résistance populaire à un envahisseur.

Date

1952

Contexte

En pleine Guerre Froide, Les Coréens communiste tente de prendre le contrôle du pays. Ils sont sur le point de réussir mais les Etats-Unis réagissent afin d’aider le gouvernement coréen en danger. Ils interviennent sous mandat de l’ONU afin de  bloquer et repousser cette offensive. Mais les communistes coréens reviennent à la charge aidés des armes et soldats chinois. En 1953, les communistes et le gouvernement de Coréen trouvent un compromis afin de mettre fin à cette guerre. Le pays est divisé en deux :

-          une Corée du Sud pro-américaine

-          une Corée du Nord, communiste et pro-chinoise et pro-soviétique.

Eléments constitutifs de l’œuvre

Formes

Au 1er plan à gauche, trois mères au visage déformé par l’angoisse et le désespoir de ne pouvoir sauver leurs enfants (vivants et à naître) évoquent Guernica. On observe deux enfants effrayés, un aux bras

de sa mère, l’autre se dissimulant vainement derrière le dos de sa mère.

 

Sur un plan intermédiaire se situent trois autres enfants, deux qui ne semblent pas mesurer le danger et qui jouent, enfin une très jeune fille (qui dissimule dans un geste pudique un corps de (femme à peine formé) semble absente de la situation, à laquelle elle n’est reliée que par la main de sa mère.

 

Un autre contraste aussi entre les formes aiguës (lignes droites avec des angles, des corps en partie cuirassés et les armes futuristes (vogue des films de science-fiction destinés à dépeindre un avenir effrayant) et les formes arrondies des sacrifiées (ventre des mères, enfants potelés)

Techniques de production

On observe deux plans : devant : la scène de massacre / à l’arrière : le paysage en ruines.

 

À gauche, les victimes / à droite les bourreaux (même composition que Goya)

 Le fleuve peut avoir deux interprétations possibles :

-          il rappelle la limite entre les deux parties coréennes en conflit.

-          il rappelle aussi la différence entre victimes et  soldats (bourreaux).

On observe un autre contraste entre nudité (désarmement, victimes inoffensives) et armement puissant symbolisé ici par les reflets métalliques des casques militaires et l’armement futuriste qui enlève toute humanité aux combattants. Ils sont réduits à la fonction d’exécutants (= bourreaux).

Impression

C’est une scène où on a un côté avec de la vie, de l’humanité, de l’avenir (enfants qui jouent, enfant qui deviennent adultes, des personnages avec des émotions dans le visage).

 

 D’un autre côté, des guerriers devenus des automates sans visage (le soldat est « robotisé ») avec une impression d’une guerre aveugle (les cuirasses et casques symbolisent l’aveuglement de

l’obéissance aux ordres) et des armes modernes. C’est une guerre pour détruire avec les armes à plusieurs canons. Est-ce une critique d’un monde en pleine tension dans une course à l’armement.

Le chef du peloton peut également

représenter la soumission de l’armée au pouvoir politique.

Ce chef du peloton, le corps tendu vers la droite et le

visage tourné à gauche symbolise–t-il l’hésitation du cas de conscience ou le refus d’assumer sa responsabilité ?

 

But/Signification

Picasso rejoint le courant pacifiste.  C’est une critique de la guerre de Corée. Il veut dénoncer à travers ce tableau une guerre violente, où le but est d’anéantir l’ennemi sans vouloir faire attention aux civils. On veut dénoncer des pays qui se battent au nom de la liberté des peuples et de la démocratie pour  chaque camp (communiste et américain) mais qu’ils n’appliquent pas pour autant pour eux.

De plus, ce sont de vrais crimes contre l’humanité qui sont dénoncés à travers le massacre de civils innocents.

 

 

Fiche réalisée par Mme Vona et M. Kheloufi

17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 13:45

 

http://idata.over-blog.com/1/29/09/78/Histoire-de-l-art/3emes/Duane-Hanson--Supermarket-Shopper--1970.jpg

 

« SUPERMARKET LADY » ou « SUPERMARKETSHOPPER »

 

Auteur

Duane HANSON (1925-1996)

 

Né aux Etats-Unis (Minnesota) dans une famille de fermiers, il étudie les beaux-arts aux Etats-Unis puis en Europe et devient célèbre dans les années 1960 par ses nombreuses sculptures hyperréalistes réalisées à partir de moulages qui mettent en scène des américains dans leur vie quotidienne. Il participe à une exposition d’art contemporain en Allemagne en 1972 (la Dokumenta 5) où il obtient une reconnaissance internationale.

Genre

Dimension

Lieu de conservation

Sculpture

70 x 70 x 166 cm

Ludwig forum, Aix-la-Chapelle. 

Courant artistique

Hyperréalisme. L’hyperréalisme est aussi nommé en anglais photorealism ou superrealism. C’est un mouvement artistique qui apparaît aux Etats-Unis au milieu des années 1960. Ce courant artistique qui touche aussi bien la

peinture que la sculpture s’appuie sur la photographie pour observer le réel, voire le copier et le représenter le plus fidèlement possible.

Date

1969

Contexte

Les Etats-Unis comme l’Europe connaissent un rapide développement économique et des bouleversements dans la société : ce sont les « Trente glorieuses ».

 

C’est une période de hausse continue du pouvoir d’achat des populations et de consommation de masse (apparition des supermarchés et des centres commerciaux, standardisation des produits par l’industrie manufacturière et agro-alimentaire).

 

C’est une ère d’abondance et de prospérité, en particulier pour les classes moyennes. Les modes de vie sont transformés : amélioration du confort dans la vie quotidienne (électroménager, ameublement moderne), généralisation de l’automobile, place de plus en plus centrale de la télévision.

Eléments constitutifs de l’œuvre

Formes

Le personnage représenté est une femme plutôt bien enrobée, chaussée de pantoufles d’intérieur vêtue d’une jupe bleue et d’un haut rose

(couleurs et formes banales), collier de petites fleurs jaunes autour du cou (kitch), montre et bracelet dorés au poignet gauche et sac à main de skaï noir au bras droit. On voit une cigarette au coin des lèvres (la cigarette est un produit de consommation de masse comme un autre à cette époque). Un fichu (sorte de foulard) recouvre des bigoudis roses fixés dans les cheveux et ses collants sont effilés.

 

Le caddie déborde de nombreux produits de consommation courante : papier toilettes, pain, croquettes pour chien, produits ménagers, Coca-Cola, jus de fruits, café, œufs, poulet, dinde, jambon, biscuits au chocolat, pâtes, raviolis, haricots, etc.

 

Tous les produits sont conditionnés selon les standards de l’industrie agro-alimentaire (boîtes en carton, emballages en plastique, boîtes

de conserve). Aucun produit frais (fruits, légumes…) n’est visible.

 

Techniques de production

La femme a été sculptée en moulant le corps d’un modèle avec des bandes de silicone, puis en coulant de la résine de polyester dans le moule et en renforçant ce moulage avec de la fibre de verre. C’est donc une sculpture grandeur nature. La femme a ensuite été minutieusement peinte, habillée et dotée d’accessoires réels, parmi lesquels le caddie en métal. Tous les objets sont « vrais ».

Impression

La femme est un symbole d’opulence alimentaire par ses formes. Elle signifie à la fois le confort et la mollesse avec ses pantoufles. L’apparence est négligée liée surement au supermarché où les foules sont importantes  qui est différent de l’épicerie où tout le monde se connaît.

L’ensemble (apparence, vêtements, accessoires) donne au personnage une image disgracieuse, de mauvais goût, voire vulgaire. On peut penser que

cette femme est âgée d’une bonne quarantaine d’années et fait partie d’une catégorie sociale plutôt modeste.

L’ensemble symbolise l’abondance de la société de consommation.

  

Buts/Significations

On dresse un portrait peu flatteur de la ménagère occidentale moyenne de la fin des années 1960. Ce personnage fait partie du quotidien de l’époque. Dans cette scène, c’est la médiocrité de l’« American way

of life » et plus généralement de la société de consommation occidentale qui est soulignée, dressant face à chacun de nous un miroir.

Le consommateur apparaît comme un drogué ou un zombie errant dans les rayons d’un supermarché, seul.

La consommation de masse, qui se traduit par l’achat par tout le monde des mêmes choses au même endroit (et souvent au même moment : fin d’après-midi, week-end), nous prive de notre liberté (alors même que nous croyons nous émanciper en accumulant des biens grâce à notre « pouvoir » d’achat) et de notre personnalité (nous sommes standardisés, à l’image des produits que nous achetons). Cette femme, par sa médiocrité, son désespoir et sa solitude, suscite à la fois des sentiments de répulsion, de pitié et de compassion.

     

 

 

 

Fiche réalisée par Mme Vona et M. Kheloufi